
Comment faire quand on voudrait, genre, vraiment faire quelque chose, mais qu’on ne peut pas ? Quand le fait de penser à sa réalisation, à l’action, paralyse ? Malheureusement, je n’ai pas de réponse définitive à ça, ni de tuto ultime pour remédier à cette angoisse profonde. D’autant que l’angoisse d’un jour ne sera pa celle du lendemain, ni la mienne pareille à celle d’une autre personne. Alors je fais au mieux, comme d’hab’.
Seulement parfois, ça ne suffit pas.
Demain, c’est le 8 mars et la journée internationale des droits des femmes*. Et comme l’an dernier, je voulais manifester. Seulement voilà. Une vague d’anxiété me remplit tout entière et me paralyse dès que j’y pense.
C’est dingue, cette peur d’anticipation qui fait transforme l’intégralité d’un événement pourtant joyeux en un moment plein de risques où tout va forcément aller de travers. Ça me fatigue de ne voir que ce qui pourrait ne pas bien se passer et manquer les belles choses qui pourraient s’y passer.
Pourtant, ce sont des éléments qui ne dépendent pas de moi qui m’angoissent, c’est le noeud du problème. Je suis introvertie. Cela signifie que les rassemblements plein de monde, je n’aime pas trop ça de manière générale. Mais là, avec le bruit en plus, c’est clairement au-dessus de mes forces.
Donc je dois faire l’impasse.
Bien entendu, comme un plaisir n’arrive jamais seul (haha), je culpabilise à l’idée de ne pas participer à cette manifestation que j’ai pourtant attendue pendant un an. Je me dis que je suis au final une mauvaise féministe, que je ne soutiens pas la cause « comme il faut ». Que je suis donc illégitime dans mes prises de position sur le sujet, car je ne les défends pas en descendant dans la rue.
Pour autant, je peux affirmer que je suis quelqu’un d’engagée dans la vie de tous les jours. Je suis attentive aux propos et aux actes sexistes banalisés et souvent, « on ne peut plus rien dire » quand je suis là (histoire vraie). Comme je l’ai écrit ici et là, je pense que je suis l’inverse du tonton raciste des repas de famille.
Je crois que quelque part, j’ai peur de décevoir. De décevoir celles et ceux qui sont féministes comme moi et qui, contrairement à moi, iront manifester. La partie rationnelle de mon esprit me dit que ces ami·es ne porteront pas de jugement à mon encontre à ce sujet. Mais au fond de moi, je culpabilise.
Et puis, je ne sais que je ne suis pas la seule à me battre contre mon anxiété et mes peurs. Et si ce petit message peut aider quelques personnes, alors ça sera toujours ça de gagné. Et sinon, j’aurai osé m’ouvrir à mes lecteurices et j’aurais montré ma vulnérabilité. Et puis, j’ai surmonté ma peur du jugement, c’est toujours ça !
Après tout, la lutte pour l’égalité des genres ne se cantonne pas à une seule journée. Et heureusement ! Je pense qu’il est aussi important de manifester lorsqu’on le peut que de lutter au quotidien si on en a la possibilité et l’occasion ! Après tout, l’important est que l’on reste mobilisées.
Ce post m’a été inspiré par le compte La Meuf Renard sur Instagram
* Et pas la journée de la femme, s’il vous plaît.