Est-ce que je suis « trop » ?


Pensées / mercredi, mars 5th, 2025

On me dit régulièrement que je cherche tout le temps à mettre de la politique dans ce que je lis, j’écris, j’entends ou encore je regarde. Souvent, c’est parce que ce que je dis déplaît, détonne, démange.

(article précédemment posté sur mon compte Substack, abonne-toi 🙂)

Pourtant, j’ai l’impression que mes réactions tiennent du bon sens, en particulier lorsque je parle d’inégalités, de racisme, de sexisme, de violences policières, de fascisme. Au risque de virer bisounours, je voudrais que chacune et chacun soit libre de faire ce qu’il ou elle veut, d’être ce qu’il ou elle veut sans que ça nuise à personne. Et que tous les êtres humains soient égaux.

Comme tout le monde, je suppose, je suis bien dans ma bulle de filtre antifasciste, antiraciste, féministe et écologiste. Mais elle a ses limites et je me force à ne pas trop m’y complaire comme dans mes meilleures charentaises.

Mais en dehors, j’ai la sensation d’être bien seule lorsque j’entends des personnes de mon entourage tenir des propos que je considère comme plus que limites. Pourtant, ces personnes ne voient aucun mal à affirmer ce qu’elles affirment. Souvent, je laisse couler bien que je n’en pense pas moins. J’avoue que j’ai aussi l’impression d’être tout l’inverse du tonton raciste. Et peut-être que je le suis, en réalité.

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Soit, mais il y a un souci : je n’aime pas le conflit car j’ai du mal à échanger sans pouvoir préparer mes propos (c’est d’ailleurs pour ça que j’aime autant l’écriture). Lorsque j’ai un débat d’idées avec une personne que j’aime, j’ai la sensation de décevoir mon interlocutrice ou mon interlocuteur et de diminuer de valeur à mes yeux. J’ai une peur de l’abandon grande comme l’Himalaya.

Pour autant, ces sujets me tiennent à coeur et font partie de mes valeurs. Alors j’essaie au maximum de les défendre comme je peux et de les promouvoir

à travers cette fameuse bulle de filtre, mes lectures ou encore ce à quoi j’apporte mon soutien. Et là on arrive au coeur du sujet : chacun de nos choix et de nos actions portent un message politique.

  • J’ai fait le choix, depuis plusieurs années, de lire principalement des autrices. Elles sont encore trop invisibilisées et il est temps de sortir tout un genre de l’ombre.
  • Je mets la sororité en avant.
  • J’ai fait le choix de pratiquer l’écriture non sexiste dans tous les contextes.
  • Je fais ce que je peux pour réduire mon empreinte carbone au quotidien.
  • Je tente de pratiquer la sobriété, la seconde-main et le local dans ma consommation de manière générale.
  • Je m’investis dans la lutte contre les inégalités, les injustices et pour l’écologie.

J’ai conscience de mes privilèges de personne blanche, hétéra et cisgenre dans notre société. Alors, je mets en place ce que je peux pour faire avancer cette société et les mentalités, à ma hauteur, en commençant par mes proches.

Il y a à peu près autant de façons de promouvoir ce genre de valeurs que de personnalités. Dans une certaine mesure, je suis persuadée que l’exemple et le dialogue constituent un bon point de départ pour faire changer les choses.

Je suis sincèrement admirative des personnes qui luttent activement et frontalement pour défendre leurs droits. Ces personnes, qui forment la première ligne de « combat », sont des modèles pour moi, à divers degrés. Celles-là mêmes qui sont discréditées, dont les propos (et parfois leur personne) sont traînés dans la boue par leurs opposant·es (d’extrême droite très souvent).

Parce qu’on demande de l’égalité, un monde sain pour l’humanité (et pour le reste bien sûr), l’arrêt des violences et l’équité sociale (au niveau des richesses par exemple), on est taxé·es d’extrémisme.

Et clairement, ça me fait peur.

Je suis profondément contre la violence (sauf peut-être la destruction du capitalisme j’avoue). Mais en même temps, je garde à l’esprit que tous les avantages sociaux n’ont pas été acquis en prenant le thé avec les autorités. Alors je chemine entre les deux pendants, humaine en perpétuel changement et évolution.

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