Je vous écris depuis un lent dimanche ensoleillé, le premier de mars 2025. Le linge sèche tranquillement sur la corde du jardin pour la première fois de l’année. Le chien dort en boule sur le canapé à côté de moi au moment où j’écris ces lignes. Mon amoureux joue sur son ordinateur.
Tout est calme, tout est bien.
Je mesure la chance que j’ai de vivre cette vie. Elle n’est peut-être pas parfaite ni vraiment instagrammable et parfois j’ai du mal à ne pas me comparer à ce que je peux voir sur les réseaux. Mais je me rends compte que tout n’est pas si morose, bien au contraire.
Je suis casanière, vraiment. Et j’aime les jours où mes seuls plans sont préparer avec amour les repas, prendre soin de mon intérieur, lire, écrire et passer du temps avec mon amoureux et mon chien. Ces moments déconnectés où la vie se vit pleinement et sans filtre. Les mains dans la matière, faire sans sur-cogiter. Pour moi, qui suis une grande angoissée, ça me fait à la fois une pause et un repos plus que bienvenu.
Et l’écriture, toujours. Quelle meilleure activité pour ralentir que de prendre le temps de vous poser des mots à partir de mon ordinateur vieux de bientôt 8 ans qui lui aussi prend tout le temps qu’il lui faut ? Souvent, je me surprends à pester de sa lenteur. Mais lors des jours comme celui-ci, j’avoue que je m’en moque, je prends le temps aussi. Je ne dis pas que la rapidité des machines n’est pas une bonne chose, bien au contraire. Mais parfois, ça ne me fait pas enrager, juste j’attends.
Hier, j’ai lu ce billet doux de Solveig (alias Sorcière Misandre sur les réseaux). Elle a quitté les réseaux sociaux comme Instagram et parle dans son article du plaisir de retrouver un Internet plus lent. J’avoue que ses mots m’ont touchée. Je ne me sens pas prête (malheureusement peut-être) à quitter Instagram et WhatsApp me permet de garder le lien avec la famille, comme beaucoup de gens. Donc ça reste.
Mais j’ai été inspirée par ses mots qui ont fait résonner en moi cette nostalgie (peut-être un peu enjolivée j’avoue) des multiples billets sur mes non moins multiples Skyblog que j’avais créés et qui piquaient les yeux. Et surtout, l’époque où on écrivait ce qui nous passait sur le cœur sans se préoccuper du référencement naturel ni utiliser l’intelligence artificielle « pour aller plus vite ».
J’ai l’impression que beaucoup de monde cherche à ralentir de plus en plus dans leur vie. Il n’y a qu’à voir toutes les vidéos où les créateurices se montrent dans des scènes de la vie quotidienne, simple et sans artifices*. Même les autrices se penchent sur cette nécessité, comme Pauline Harmange dans sa dernière newsletter ou Cécile Duquenne dans un de ces e-mails aussi (cf. ci-dessous)
Parce que ça m’ennuie et ça me tire vers le bas.
Vraiment : ça n’a que des effets négatifs sur moi.
Alors, certes, le texte fait un bon en avant… mais c’est à peu près tout le bénéfice que j’en retire.
Dans ce mail, je vous explique comment j’en suis venue à choisir de ne plus écrire vite et beaucoup chaque fois que je dois me mettre à écrire.
Ou pourquoi j’ai abandonné l’idée d’être productive.
Je suis plutôt d’accord avec leur point de vue, profondément en accord même. Je me suis moi aussi mis trop de pression dans l’écriture (d’un journal personnel, mais ça m’a fait autant de mal que si c’était un roman à publier) et j’en ai beaucoup souffert. Mais je suis fière de dire que j’ai beaucoup progressé par rapport à la pression que je me mets à moi-même. Je me fous la paix en bref.
Aujourd’hui, on cherche à « gagner du temps ». Pas pour vivre plus, mais pour produire plus. En oubliant de vivre justement. Ça ne cause que du stress, de la tristesse et de la frustration. Alors je fais au mieux pour prendre le temps nécessaire et de trouver un juste milieu entre les impératifs de la vie en société (incluant les contingences professionnelles) et mon envie, que dis-je, mon besoin, de ralentir.
Et clairement, ce dimanche est une parfaite illustration de cet équilibre.
* Je n’aborderai pas les problématiques soulevées par ces vidéos, notamment la manière dont cette tendance « slow » est dévoyée par les mouvements ultra-conservateurs.