Moins de numérique, plus de vie


Pensées / vendredi, mars 21st, 2025

Je vais sûrement passer pour une vieille Hobbit grincheuse en écrivant cela, mais tant pis : j’ai besoin de revenir à la lenteur, de quitter l’hyper-connexion et de retrouver un peu d’humanité dans cet Internet (surtout les réseaux sociaux) peuplé de bots et de technophiles jusqu’auboutistes. Bref, d’une époque où on n’était pas tout le temps joignables, où les choses prenaient du temps et où tout ne dépendant pas de technologies de pointe.

(texté préalablement posté sur mon compte Substack !)

C’est un peu paradoxal, de parler de déconnexion sur un blog sur INTERNET ? Oui… mais non. Ici, je prends le temps de vous écrire des pavés que (j’espère), vous appréciez !

Si vous êtes encore là après ce paragraphe, je suis heureuse de développer mon point de vue pour vous ! D’abord, j’ai bien conscience que je parle d’une époque que j’ai peu connue. Néanmoins, j’ai le souvenir de ne pas sans cesse devoir m’assurer que mon téléphone n’a pas perdu toute sa batterie, écrire sur mon blog sans regarder les stats ou les likes. Vue d’ici, j’ai la sensation que c’était plus reposant, de ne pas être hyper connectée. D’avoir une montre qui ne me donnait pas mon rythme cardiaque ou le nombre de calories brûlées.

Bien sûr, je ne suis pas en train de remettre en cause la technologie, dont je suis bien contente de bénéficier, en particulier pour la santé et pour tous les outils qui me rendent la vie plus facile au quotidien (merci le GPS). La technologie a de nombreux avantages que je serais bien la dernière à renier.

Par contre, j’avoue que tout va trop vite et parfois m’empêche de réfléchir correctement ainsi que de prendre des décisions sages. La (trop) haute vitesse de livraison des commandes par le géant américain du secteur. Parfois, il suffit de cliquer sur « acheter » pour recevoir l’article le lendemain, voire parfois le soir-même ! Je pose la question : a-t-on vraiment besoin d’un énième article déco ou de ce livre dont parle le Booktok tout de suite ? Je suis loin d’être parfaite et j’avoue parfois craquer face aux sirènes de la nouveauté et du « tout-tout-de-suite » (faute avouée à moitié pardonnée ?)…

J’ai entendu un jour dans une série (je ne me rappelle plus laquelle malheureusement…) que même téléphoner est immédiat. On est tout le temps joignables et maintenant, ne pas répondre devient la cause de multiples appels et générateur de stress. Je ne dis pas que je voudrais vivre dans un trou de Hobbit (quoi que !), mais un peu de déconnexion ne fait de mal à personne.

Clairement, cette situation m’agace de plus en plus, de même que toutes celles (de situations) qui me forcent à accélérer sans prendre le temps de réfléchir posément. Je m’intéresse depuis quelques années maintenant au mouvement low-tech. Il prône, entre autres, de ralentir et de réfléchir sur notre utilisation des énergies ainsi que notre consommation de manière générale. Cela m’intéresse, car le « mouvement » low-tech n’est pas un retour à la bougie ni chez les Amish, mais plutôt une réflexion sur la façon dont on peut bien vivre au quotidien en consommant moins. Ce sujet me passionne, car il remet au goût du jour des savoirs perdus avec les années, des savoirs qui pourtant étaient plus simples, réparables, réutilisables.

Je réfléchis beaucoup à ma consommation de ressources et d’énergies et je pense possible de réorganiser mon quotidien pour le rendre plus simple, plus lent. Encore une fois, je ne parle que de mon cas personnel. Car je me rends presque malade de voir à quel point le fait d’attraper mon téléphone au moindre « trou » dans mon emploi du temps est facile. Parfois même, je le prends pour quelque chose de précis, mais je me retrouve à scroller alors même que je n’ai pas fait ce pourquoi j’ai déverrouillé le smartphone. De la même façon, j’essaie de sélectionner ce que je regarde sur des plateformes pour trouver des vidéos qui me correspondent vraiment. Je ne dis pas que je ne mets jamais une vidéo sans prise de tête, mais j’essaie d’être consciente de ce que je regarde. Oui, je reste sur Instagram malgré tout, on verra où le vent me portera à l’avenir.

J’ai des hobbies déconnectés, en un sens. Je lis et j’écris (vous l’aurez remarqué hé hé), je brode, je cuisine… J’aime passer du temps avec mes ami·es et je suis moins celle qui instagramme tout ce qu’elle fait dans la vie, simplement parce que cela ne m’intéresse plus trop. L’important, c’est le moment dont j’essaie de profiter au maximum, que je voie souvent ou non mes proches.

Et je lis énormément. Cela demande tellement de déconnexion que je vois cette pratique comme un geste politique, un pied de nez à la société du « tout-tout-de-suite » mentionnée plus haut. J’ai pris conscience il y a quelques mois de mon rapport apaisé à la pratique. Tant pis si je prends du temps pour lire une histoire, j’en profite d’autant plus. Et je pense que le fait que je lise de plus en plus en anglais aide beaucoup, car forcément, je suis plus lente. Et ça me fait du bien, ce moment entre moi et ce que le livre me renvoie comme tranquillité.

Tu veux lire plus ? Je te conseille ce podcast de ma copine Célie qui t’en dit plus (jai été la première invitée de son podcast 😎).

J’ai besoin de prendre du temps. Pour moi, pour réfléchir posément, pour prendre une décision. Comme le dit ma maman, « vite et bien, ça n’existe pas ». Je ne trouve pas ça facile du tout, tout est fait pour nous presser. J’allais écrire nous stresser, ça revient au même dans mon cas.

Autre tip pour avoir des moments de déconnexion, je promène mon chien quotidiennement. Je laisse mon téléphone dans mon sac. D’abord, car je dois le surveiller. Mais aussi, car chaque moment que je passe avec lui (et dont je veux profiter à fond) est un enseignement sur l’importance de ralentir et de profiter de l’instant. Lui se laisse porter d’odeur en odeur, sans se préoccuper de ce qui viendra après. Dans un sens, je trouve ça plein d’enseignements.

C’est pour ça que j’aime autant le blogging et l’écriture, je pense. Écrire pour écrire sans (trop) regarder les stats est extrêmement libérateur pour moi. Je suis surpuissante quand j’écris : je peux construire un empire, profondément toucher mes lecteurices, hurler ma colère, rien ni personne ne m’arrêtera. Bien sûr, j’espère rencontrer mon lectorat à travers mes écrits. Mais si certaines personnes n’aiment pas, ce n’est pas grave au final. Il y a bien d’autres auteurices et rédacteurices, sur cette plateforme comme sur le Web.

Perso, j’aime prendre le temps de lire de longs articles que quelqu’un·e a pris le temps d’écrire (un peu) pour moi. Parce que c’est un peu revenir à l’Internet à l’ancienne (le temps des blogs, c’était quand même très chouette) où on n’avait pas forcément besoin de tout montrer.

J’ai vécu moi aussi avec le besoin de toute montrer de ma vie sur les réseaux sociaux. Sur Insta, vous pouvez trouver de magnifiques photos de plats réalisés fièrement et de bouteilles de soupe. Mais j’ai maintenant tendance à garder davantage les choses pour moi, en particulier les bons moments avec les amies. J’ai la sensation d’en profiter plus ! Après, ça m’arrive encore de poster quelques moments pris « sur le vif », mais ça se raréfie.

Alors si vous aussi voulez ralentir, vous êtes au bon endroit !

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